Dissertation Philosophie Socrate

INTRODUCTION

Étymologiquement, le mot sagesse vient du latin « sapientia« ; ce qui signifie le savoir. Autrement dit, la sagesse, ce serait ce qui découle d’un certain savoir. Le mot « sagesse », c’est aussi le plus ancien nom de la philosophie, puisque « philo » veut dire en grec ancien : j’aime ,et « sophia » signifie sagesse. Ce qu’indique étymologiquement la philosophie, c’est que le philosophe est  donc censé être un amoureux de la sagesse.

C’est de plus, un lieu commun de dire que la sagesse est sans doute un état désirable. D’ailleurs, on demande souvent aux enfants d’être sages ! « Soyez sages comme des images », on leur dit cela pour qu’ils ne bougent pas trop. Cependant, être sage n’est pas synonyme d’être amorphe, ou pis encore d’être inerte.

Dans l’Antiquité, les philosophes cherchaient à être des sages, et à trouver et appliquer des règles qui permettent de pratiquer un véritable art de vivre en harmonie avec soi et avec le cosmos. Socrate est présenté comme un maître de sagesse par Platon, mais les stoïciens voulaient accéder  aussi au titre de sage. Les épicuriens avaient aussi cette recherche du sens et de la sagesse et Épicure dans sa Lettre à Ménécée invitait son lecteur à savoir distinguer entre les désirs nécessaires et ceux non nécessaires, et à satisfaire d’abord ce qui relève du nécessaire.

À notre époque, les philosophes ont moins cette prétention affichée d’être des sages, parce qu’il n’y a plus vraiment une vénération pour la vertu. Mais dans l’Antiquité grecque et romaine, les stoïciens mais aussi les épicuriens se voulaient des sages, et se réclamaient comme  des sages. La philosophie n’était pas qu’une certaine forme  de savoir, mais avant tout une manière d’être.

PREMIÈRE PARTIE : LA SAGESSE SERAIT D’ABORD UN JUSTE MILIEU.

En effet, traditionnellement, la sagesse est définie comme étant « un juste milieu » (Aristote, Éthique à Nicomaque). D’où la fameuse formule :« Rien de trop« . Le sage, dans l’optique classique d’Aristote est d’abord un être tempéré dans ses plaisirs. Il ne jeûne pas, mais il ne se goinfre pas non plus.

Toutes les vertus qui accompagnent la sagesse, comme la prudence, la tempérance, le courage sont chez le sage encore un juste milieu. Par exemple, Aristote dans lÉthique àNicomaque explique longuement que le courage est une médiété entre la témérité et la poltronnerie. Cela ne signifie pas que le sage n’éprouve jamais de peurs, mais qu’il arrive à les canaliser, les maîtriser. Le sage pour Aristote se caractérise aussi par la tempérance. Si le sage est tempéré, cela signifie que le sage a un certain équilibre, notamment entre la partie rationnelle de son âme (raison, logique) et sa partie irrationnelle (désirs, peurs). Le sage n’est pas celui qui ne ressent pas de passion, mais celui qui les domine., les maîtrise.

À la limite, la seule passion qu’éprouve le sage, c’est le désir justement de sagesse. Autrement dit, la sagesse est un vivant paradoxe, puisque le sage serait celui qui a la passion de « n’être rien de trop ». À moins que le désir de sagesse soit tellement noble en soi, qu’il ne relève plus du champ de la passion, mais plutôt de la raison. Le désir de sagesse serait comme l’aimant magnétiquement attiré sur la boussole de l’âme ! Le désir de sagesse serait le suprême repère dans la quête du sens de la vie.

DEUXIÈME PARTIE : LA SAGESSE SUPPOSE AUSSI UN CERTAIN DÉTACHEMENT VIS-À-VIS DES CHOSES MATÉRIELLES.

Si le désir de sagesse suppose un certain détachement vis-à-vis des choses matérielles, c’est que la sagesse est d’abord la recherche de la richesse intérieure. Ainsi le Roi Salomon dans l’Ancien Testament est celui qui a fait une prière à Dieu en disant que plus que le pouvoir ou les richesses, il a le désir de sagesse. Dieu se présente à lui, comme pouvant accomplir tous ses désirs, il demande à Salomon quel est son plus profond désir , et lui promet de réaliser son vœu le plus cher. Or, Salomon, en priant, dit que son premier désir n’est pas la possession de richesses, ou le fait d’avoir le pouvoir  (puisqu’il est le roi !) , mais il souhaite que Dieu lui accorde la sagesse. Alors, Dieu, nous dit-on dans la Bible est ravi, car il a enfin sur le trône d’Israël un sage !

Le fait que le Sage est celui qui a l’amour de la vérité, plus que le désir des richesses matérielles, est une constante dans la représentation antique de la sagesse, aussi bien chez Aristote, que chez les épicuriens et les stoïciens. Ainsi Aristote déclare : « Lebonheur appartient à ceux qui se suffisent à eux-mêmes ».Le sage est celui qui accorde une priorité à la vie intérieure par rapport à la vie extérieure (statut social). Car la sagesse, si elle a pour base ( 1: la tempérance), et ( 2 : un certain détachement vis à vis des chose matérielles) a pour but le bonheur.

En effet, si tant d’hommes désirent posséder la sagesse, c’est qu’elle rend non seulement équilibré, mais aussi heureux. Car si on désire quelque chose, c’est parce que l’on pense que cela peut nous apporter quelque chose de bénéfique. Or, le véritable bonheur ne se situe pas au sein des richesses matérielles, car l’esprit est alors trop absorbé par des choses superficielles et sujettes à la temporalité qui détruit tout. Ce discours que je tiens ici peut faire penser à un sermon entendu à l’Église. Mais effectivement, la sagesse suppose un certain recul par rapport à la réalité concrète; il faut prendre au sérieux le monde, (ce n’est pas qu’une plaisanterie comme le soutient Kundera dès ses premières œuvres); mais il ne faut pas non plus trop le prendre au sérieux, et ne plus avoir aucun humour.

Le statut social, et même l’argent (dans une certaine mesure) sont secondaires pour atteindre le bonheur. C’est pourquoi Nietzsche s’exclamait : « Vive la petite pauvreté! » Dans cet état matériel restreint, l’individu se recentre sur lui-même et approfondit son être plus que son avoir (ce qu’il possède). La sagesse est un savoir-être avant d’être un faire-valoir. De même Schopenhauer dans ses Aphorismes sur la sagessedans la vie, s’étend longuement sur ce sujet d’une manière vive et frappante : « Il n’y a pas de voie qui nous éloigne plus du bonheur que la vie des noces et festins, celle que les Anglais appellent le high life; car en cherchant à transformer notre misérable existence en une succession de joies, de plaisirs et de jouissances, l’on ne peut manquer de trouver le désenchantement, sans compter les mensonges réciproques que l’on se débite dans ce monde là, et qui en sont l’accompagnement obligé ».Ne chercher qu’à se distraire et à multiplier les désirs matériels font de tout individu un être vide, superficiel et creux ; comme on .peut le voir avec le spectacle ennuyeux et répétitif de la télé-Réalité où on nous montre comme exemple des jeunes gens et des jeunes filles qui ne pensent qu’à s’amuser et à passer le temps (cela est parti de l’émission du loft story à secret story pour aboutir aux Anges de la Télé-Réalité  et aux ch’tis et marseillais) qui ne sont qu’une suite de conversations vulgaires, bêtes et débilitantes ! En plus, ces individus sont en général piercés et tatoués, alors que la vraie personnalité est d’abord dans l’être et pas dans le paraître Mais ils ont le mérite d’afficher leur bêtise, et leur laideur spirituelles , car en plus ils croient s’embellir par des tatouages, au point que leur tatouage finit par relever de la mutilation, (et que c’est en définitive, tout sauf érotique !). Ce qui est quand même le comble pour des gens qui ont la prétention de séduire leur public. N’importe quel individu sain d’esprit en les voyant se dit : « Mon Dieu, qu’ils sont bêtes! » Ça a un certain comique troupier d’ailleurs  de voir des gens devenus  ainsi privés de bon sens … En tout cas, le sage sait d’emblée que ce ne sont pas des gens intéressants et qu’il faudrait rallumer en eux l’étincelle …

Si donc on se réfère au modèle de la sagesse antique recherchée par les stoïciens, comme Épictète, la sagesse suppose un certain détachement du monde (détachement, mais non pas renoncement, comme dans le Bouddhisme). Dans son Manuel, Épictète distingue les choses qui ne dépendent pas de nous ( essentiellement naissance, gloire et fortune) et celles qui dépendent directement de nous (nos pensées, notre vie intérieure). Et pour Épictète l’esclave comme pour Marc-Aurèle l’empereur, le sage est celui qui arrive à se détacher « des choses qui ne dépendent pas de nous ».La sagesse, c’est  arriver à savoir maîtriser ses pensées, c’est donc dans une certaine mesure une œuvre de la volonté. Le sage est donc celui qui arrive à la liberté intérieure et à la paix de l’âme (la fameuse ataraxie recherchée par les stoïciens).

TROISIÈME PARTIE : LA SAGESSE EST UNE QUÊTE DU SENS QUI COMMENCE PAR LA CONNAISSANCE DE SOI, LA RENCONTRE AVEC SOI-MÊME.

La sagesse commence par l’aventure intérieure. Quand l’individu prend conscience de lui-même, il n’est plus un simple individu, il devient une personne à part entière. Le fait que la sagesse soit d’abord une aventure intérieure est connu depuis l’Antiquité, puisqu’il était gravé, écrit sur le frontispice  du temple d’Apollon à Delphes : « Connais toi toi-même et tu connaîtras tout l’univers ». Rechercher le sens de sa vie aboutit à se retrouver soi et à être en harmonie avec le Cosmos. Mais le sage n’est pas pour autant un mégalomane. Se connaître, ce n’est pas se sur-valoriser.

En même temps qu’il se connaît lui-même, le sage apprend à s’aimer lui-même. Car sans amour de soi, il ne peut y avoir amour des autres. Car sans amour de soi, il ne peut y avoir adhérence à l’Univers tout entier. Se connaître, se rencontrer, le sage est celui qui devient l’ami de lui-même.

La sagesse, pour autant n’est pas un état perpétuel de plaisir. La sagesse n’interdit pas les désirs et les plaisirs. On peut être un sage et profiter de la vie (sinon risquent de poindre frustration et aigreur du caractère). Mais le sage sait jouir tout en gardant sa conscience morale.

Schopenhauer quand il parle de l’acquisition de la sagesse, insiste sur le fait qu’elle est en partie le fait de savoir vivre le présent. Pour être un sage,il faut savoir vivre au présent nous dit le philosophe, car le « présent est le seul temps réel ». En effet, le passé n’est plus et le futur n’est pas encore. C’est pourquoi le sage est celui qui sait vivre au présent. Le sage n’est pas un jouisseur obscène, mais il n’est pas non plus un gaspilleur. Ce que le sage ne gaspille pas en particulier; c’est le temps. Car ce monde n’a pas de sens, si on ne remplit pas le temps. La sagesse, c’est  donc aussi donner un sens au monde par une pensée raisonnable et une action raisonnable.

Nietzsche disait dans Ainsi Parlait Zarathoustra que le surhomme sera celui qui aura « le sens de la Terre »; celui qui ne se réfugiera plus dans les arrières-mondes de son imagination comme les croyants qui espèrent dans l’au-delà et en oublient de vivre le présent. Ce que nous enseigne Nietzsche dans son fameux cinquième évangile (Ainsi parlait Zarathoustra), c’est que ce monde n’a pas de sens si on ne lui en donne pas.

D’ailleurs le contraire de la sagesse, c’est le suicide; car se suicider signifie que la vie est devenue pour soi insupportable et par conséquent n’a plus de sens. le sage est celui qui donne un sens à la vie parce que c’est son désir d’aimer la vie.

Mais le sage c’est aussi celui qui a sondé ses profondeurs, qui a affronté son côté obscur sans y succomber. Ainsi Freud quand il parle de la démarche psychanalytique, il ne l’oppose pas à la sagesse : « Rentre en toi-même, rentre dans tes profondeurs …alors (nous dit Freud) tu deviendras malade et tu éviteras ainsi de le devenir vraiment ». Pourquoi Freud nous dit-il que la recherche psychanalytique peut rendre malade ? Parce que se connaître soi-même, c’est découvrir sa part d’ombre, parce que tous (autant que nous sommes), nous avons tous fini un jour ou l’autre par être blessé par la vie. La sagesse est alors en partie une démarche qui s’apparente à la démarche psychanalytique, puisque la sagesse c’est reconnaître ses blessures pour pouvoir les dépasser, les cicatriser. La vie finit toujours par blesser même les plus beaux contes de fée; aussi le sage est celui qui a su panser ses blessures de  l’âme, et dont les actions sont comme le baume salvateur.

La sagesse, c’est donc arriver à un idéal du moi où la tristesse est remplacée par la joie, la crainte remplacée par la paix, l’angoisse remplacée par l’ouverture à l’autre et au monde. Avec la démarche psychanalytique, l’anamnèse nous amène à découvrir que nos défauts (par exemple, la timidité) ne sont pas des traits de caractère innés, mais des réponses inadaptées au monde à cause du manque d’amour qui nous a été imparti. Se dire par exemple, « je suis timide parce que mes parents m’ont insuffisamment aimé », ce n’est pas du tout la même chose que se dire : « Je suis timide et c’est entièrement de ma faute, c’est ma nature foncière ». Par la démarche psychanalytique, l’individu se dit « oui, j’ai tel ou tel défaut, mais ce défaut est une réaction au manque d’amour que j’ai subi. Mais si je décide de me pardonner cette blessure, alors je pourrais guérir et devenir amour et sagesse. ». La sagesse, c’est arriver à l’unification de l’être par la réconciliation entre conscience et inconscient.

CONCLUSION

Il y a donc un paradoxe dans le sage : il est le juste milieu (comme nous l’avons longuement expliqué dans la première partie) et en même temps une extrémité dans le Bien. Aristote insiste beaucoup sur ce paradoxe dans l’Éthique à Nicomaque; le sage est un juste milieu, mais en même temps ce n’est pas un tiède entre le chaud et le froid, car il a l’amour du Bien et le culte de la Vertu (ce qui est une forme d’extrémité).

Le sage est donc à distinguer du saint. Le sage n’est pas un ascète qui fait vœu de pauvreté, de chasteté, et d’obéissance (à son Ordre et à son supérieur). Le sage n’est pas un moine catholique ou même un moine bouddhiste (par ce qu’ils finissent tous par se ressembler plus ou moins!) Luc Ferry dans son ouvrage De l’Amour affirme d’ailleurs qu’un sage n’a pas recours à Dieu. C’est comme ça qu’on distingue le sage du saint, nous dit Luc Ferry, ils cherchent tous deux un idéal du Moi, mais le sage le fait sans Dieu. Personnellement, je trouve cette distinction faite par Luc Ferry un peu artificielle. Car si on prend par exemple le fondateur de la philosophie, Socrate; celui-ci quand il est condamné à mort déclare : « Je suis la voie que le Dieu m’indique ». Autrement dit, même si Socrate n’est pas le fondateur d’une religion comme Jésus, il est quand même un homme qui croit à la Transcendance.

 

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L'analyse étymologique du mot « philosophie » nous a conduit à aborder quelques points d'histoire de la philosophie. À un moment donné, des hommes ont cru bon de poser et de réunir certaines questions dans un discours spécifique, avec des intentions spécifiques. Pourquoi et comment ces hommes se sont-ils mis à la philosophie ? Qui sont-ils exactement ? À partir de quoi, de quelle culture, ont-ils élaboré ce que nous nommons philosophie ?

Conditions matérielles[modifier | modifier le wikicode]

L'origine de la philosophie est liée à un grand nombre de facteurs. La philosophie est contemporaine de la cité grecque.

  • Développement des arts (artisanat et art) : l'accumulation des savoirs purement pratiques aboutit à une systématisation des connaissances dans la science et dans la philosophie ; par exemple, le savoir pratique des arpenteurs égyptiens permet la géométrie comme science.
  • Production esclavagiste : il y a une séparation entre les hommes :
    • les esclaves, en vue de satisfaire les besoins matériels ;
    • les hommes libres, qui peuvent se livrer à une activité désintéressée (science, politique, philosophie, au sens où ce n'est pas l'utilité immédiate qui est visée).
  • Liaison avec la mer : la navigation et le commerce permettent des rencontres avec d'autres cultures.

Comme on le voit, le philosophe est loin de naître grâce à un système démocratique tel que nous le concevons aujourd'hui. Il ne faut pas oublier que la démocratie antique est esclavagiste.

Les influences culturelles[modifier | modifier le wikicode]

L'origine de la philosophie est mal connue ; on considère généralement que le premier philosophe est Thalès de Milet. Mais ce philosophe de la nature était peut-être d'origine phénicienne, et son savoir laisserait supposer une tradition plus ancienne.

La philosophie naît sous l'influence de la science égyptienne (géométrie), du savoir phénicien (arithmétique), et de courants religieux variés, venus par exemple de Mésopotamie et de l'Inde. Bien d'autres influences ont été supposées, mais il est dans l'ensemble très difficile de faire la part des choses. Il faut remarquer également que les premiers philosophes vivent en Ionie (Turquie), dans des cités maritimes. Le commerce, les échanges économiques et la mer ont suscité les premières réflexions de la culture grecque. À cela s'ajoute la naissance de la cité, unité politique où se définit un espace public d'exercice de la parole, de l'argumentation et de la persuasion.

Les premiers philosophes[modifier | modifier le wikicode]

Ces premiers philosophes sont par convention nommés presocratiques, et parfois Préplatoniciens : Thalès, Anaximandre, Anaximène, Pythagore, Parménide, Zénon d'Élée, Empédocle d'Agrigente, Héraclite, Leucippe et Démocrite, les Sophistes, etc. Ils vivent entre la fin du VIIe siècle et le milieu du Ve siècle avant JC, et certains sont contemporains de Socrate.

Bien que nous n'ayons que peu de témoignages de leur activité philosophique, certains fragments nous donnent de précieux renseignements sur ce qui s'appelle philosopher. Ainsi, l'invention cosmologique de Thalès, Tout est eau, est-elle une généralisation conceptuelle originale, qui dépasse d'un coup l'impuissance de l'inférence scientifique. La philosophie est ici exprimée toute entière dans la puissance de l'esprit à concevoir des théories, malgré leur impossibilité empirique.

Socrate[modifier | modifier le wikicode]

Socrate est un symbole de la philosophie. Pourquoi ? C'est ce que nous allons tenter de comprendre par sa vie et sa pensée.

L'invention du concept[modifier | modifier le wikicode]

Socrate passe pour l'inventeur de la définition et du concept. Ce point est si remarquable, qu'il a servi encore à des philosophes au XXè siècle pour définir la philosophie : le philosophe invente des concepts.

Qu'est-ce que la beauté ?

Nous pouvons comprendre pourquoi Socrate fut conduit à cette invention, en considérant la nature de ses recherches. Dans ses premiers dialogues, Platon nous représente son maître cherchant ce qui fait qu'une chose est telle ou telle. Par exemple, plusieurs choses sont belles : une belle marmite, une belle jeune fille, etc. Mais aucune n'est la beauté elle-même. Par quoi et de quelle manière ces choses sont-elles belles ?

Le dialogue socratique[modifier | modifier le wikicode]

  • la réflexion critique
  • l'ironie
  • la maïeutique
  • la torpille et le taon
  • le procès

La réflexion critique[modifier | modifier le wikicode]

Socrate représente un tournant dans l'histoire de la pensée. Son comportement dans la cité tranche avec l'attitude de ses prédécesseurs qui vivaient en sages citoyens ou se tenaient à l'écart. Mais Socrate interroge tout ceux qu'il rencontre dans la rue, pratiquant le dialogue et l'ironie qui dévoilent les prétentions des savants et des nobles Athéniens imbus de leurs connaissances et de leur tradition. « Je sais que je ne sais rien », voilà la machine de guerre de ce dialecticien habile, que l'on a pu considérer comme un sophiste (cf. Aristophane, Les Nuées). Socrate, délaissant les recherches physiques des Présocratiques, est l'inventeur de la philosophie morale ; il fut à l'origine de nombreux courants de pensée, et a influencé de nombreux Grecs de premier ordre, principalement Platon et le beau Alcibiade dont il était amoureux (voir le Banquet). Le Socrate de Platon ne ressemble pas au véritable Socrate : Platon le met parfois en scène dans des polémiques qu'il ne connaissait peut-être pas (dans le Philèbe entre autres exemples).

Platon[modifier | modifier le wikicode]

  • La philosophie comme savoir et comme politique

Si Platon a élaboré sa pensée à partir du cas de Socrate (au point de vue dialectique et morale), il semble par la suite s'opposer ouvertement à son maître qui finit par disparaitre dans ses œuvres de vieillesse, en particulier dans les Lois. L'importance du type du philosophe chez Platon semble en effet peu compatible avec l'ironie socratique. Retenons pour cette brève histoire des origines, que l'on peut considérer Platon comme le premier grand philosophe de l'histoire, dans la mesure où il s'efforce de faire du philosophe une autorité surhumaine qui tient sa légitimité de sa connaissance des Idées. Le philosophe platonicien prend ainsi une dimension considérable, puisqu'il prétend s'élever au-dessus des contingences de l'histoire et déjouer les illusions de l'expérience humaine, du trop humain. À ce titre, le philosophe devient un véritable maître et un roi légitime, législateur de la cité, assignant aux hommes leur fonction sociale en harmonie avec l'ordre divin du cosmos. Platon a ainsi inventé un nouveau type de philosophe, qui influencera toute l'histoire de la pensée jusqu'à nos jours. En effet, dans ses grandes lignes, la philosophie ultérieure n'est souvent qu'un long développement de cette idée que le philosophe est un législateur. Cette idée est reprise avec des intentions et des justifications variées, en théologie ou par quelques intellectuels contemporains par exemple.

Telles sont schématiquement les origines historiques de la philosophie ; on voit que ces origines dévoilent une partie de la nature de l'activité philosophique. Pour une introduction philosophique à cette histoire, lisez le livre A de la Métaphysique d'Aristote, qui contient une belle réfutation du platonisme.

La philosophie hellénistique[modifier | modifier le wikicode]

Origines philosophiques[modifier | modifier le wikicode]

L'histoire des débuts de la philosophie nous permet de suivre l'évolution de certaines idées et de certaines méthodes, mais nous devons également donner toute notre attention à l'idée que se font les philosophes de l'origine de leur activité, en la considérant d'un point de vue philosophique, et en nous posant cette question : quelles sont les origines proprement philosophiques de la philosophie ? Pour cela, il faut se souvenir de l'importance de l'étonnement chez Platon et Aristote.

L'étonnement (qu'il faut prendre en un sens fort : admiration, stupeur, etc.) suscite la vocation de chercheur de la vérité, car la pensée reste inquiète tant qu'elle n'a pas trouvé les causes et les principes des choses. D'où la définition antique de la philosophie, qui est la connaissance des causes et des réalités divines. Cette connaissance du sage doit conduire au bonheur. Le vécu philosophique prend donc sa source dans l'inquiètude de l'homme face au monde, quand il se pose des questions sur son existence ; la soif de connaître (philo-sophie) cherche alors un apaisement dans la science. La science est de ce fait une disposition « psychique », un habitus où l'esprit qui connaît se repose.

Dans le Phédon, Platon fait dire à Socrate que l'origine de cette inquiétude est la mort. La mort, parce qu'elle semble refuser que nous donnions une signification trop réelle à la vie, suscite tous les fantasmes et toutes les interrogations : peut-on savoir ce qui nous attend ? L'homme a-t-il une destination particulière dans l'au-delà ? Par exemple, pour Platon, il est nécessaire de supposer l'existence de réalités divines, car de telles réalités sont seules susceptibles de donner un fondement à la connaissance, à la morale et à l'espérance humaine. Ainsi la vie serait-elle privée de sens et de valeur si nous ne pouvions nous faire de telles réflexions.

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